TROPHOUX À LA GALERIE PINK
|
Tu va tu vnir
|
La galerie Pink a ouvert ses portes pour la première
fois en novembre 1985. Roch Plante, qui habitait près
de là, a vu certaines des uvres de l'exposition
inaugurale par les fenêtres. Il les a aimées
et il est entré en contact avec moi. Après,
je suis allée chez lui. C'était rempli de
ses assemblages. Il ne pouvait en faire plus parce qu'il
manquait de place. Nous avons donc décidé
de les transporter à la galerie Pink et d'organiser
une exposition de ses uvres.
Sa compagne m'a dit qu'il fallait envoyer beaucoup de cartons
d'invitation, parce qu'il était très connu.
L'artiste avait déchiré un petit morceau d'une
page de dictionnaire où il y avait le mot «trophée».
On voyait des griffonnages autour. Il a dit qu'il appellerait
ses assemblages des «trophoux», un amalgame
de trophée et de fou.
Nous avons fait les choses simplement. Nous avons sorti
les trophoux de son appartement et nous les avons transportés
en auto jusqu'à la galerie. Rendus là-bas,
nous les avons comptés: il y en avait 53. Et puis
il est parti.
Les gens sont venus à la galerie pour voir ce qui
se passait et, franchement, je dois dire que 53 uvres
dans une seule petite galerie en 1985, c'était beaucoup
de travail ! Super énergie, super
|
textures... C'était génial ! Les amis de
l'artiste sont venus voir l'exposition, et le public aussi,
à cause des journaux: il y a eu un article sur l'exposition
en première page de La Presse et un autre
dans Le Devoir. et à la radio, on parlait
aussi de la galerie Pink où une personne célèbre
qui n'accordait jamais d'entrevues et qui ne se montrait
jamais en public exposait ses oeuvres...
|

Trésor et quart
|
Quand j'ai ouvert ma galerie, je la voulais différente
des autres galeries. Je ne faisais tout simplement pas les
choses comme les autres. Aussi, on me demandait : «Mais
vous n'avez pas de serveurs ? Vous n'avez pas de télécopieur
?» Non, non... Donc, ce n'était pas ce à
quoi le public s'attendait. Les gens s'attendaient à
quelque chose de plus sensationnel. De plus chic. Mais ils
ont oublié ça très rapidement. Il y
avait pas mal de manteaux de fourrure dans la salle, beaucoup
d'actrices. Des personnalités. Des célébrités
québécoises, des politiciens, des écrivains,
des chanteurs. Ils ont tous regardé l'exposition
avec beaucoup d'intérêt et certains ont acheté
une ou deux uvres. Mais surtout, ils ont passé
un bon moment. Cet artiste-là ne fréquente
pas beaucoup de gens. Il n'était pas là en
personne, mais ses uvres y étaient; participer
au vernissage, c'était donc un peu comme fêter
avec lui.
suite...
|