«Les oeuvres de l'artiste sont vite devenues recherchées.»

          
          Extraits du livre Trophoux :
          Patricia Pink
         (Traduit de l'anglais par François Lanctôt)

section I II III IV

TROPHOUX À LA GALERIE PINK



Tu va tu vnir

 

La galerie Pink a ouvert ses portes pour la première fois en novembre 1985. Roch Plante, qui habitait près de là, a vu certaines des œuvres de l'exposition inaugurale par les fenêtres. Il les a aimées et il est entré en contact avec moi. Après, je suis allée chez lui. C'était rempli de ses assemblages. Il ne pouvait en faire plus parce qu'il manquait de place. Nous avons donc décidé de les transporter à la galerie Pink et d'organiser une exposition de ses œuvres.

Sa compagne m'a dit qu'il fallait envoyer beaucoup de cartons d'invitation, parce qu'il était très connu. L'artiste avait déchiré un petit morceau d'une page de dictionnaire où il y avait le mot «trophée». On voyait des griffonnages autour. Il a dit qu'il appellerait ses assemblages des «trophoux», un amalgame de trophée et de fou.

Nous avons fait les choses simplement. Nous avons sorti les trophoux de son appartement et nous les avons transportés en auto jusqu'à la galerie. Rendus là-bas, nous les avons comptés: il y en avait 53. Et puis il est parti.

Les gens sont venus à la galerie pour voir ce qui se passait et, franchement, je dois dire que 53 œuvres dans une seule petite galerie en 1985, c'était beaucoup de travail ! Super énergie, super

 

 

 

textures... C'était génial ! Les amis de l'artiste sont venus voir l'exposition, et le public aussi, à cause des journaux: il y a eu un article sur l'exposition en première page de La Presse et un autre dans Le Devoir. et à la radio, on parlait aussi de la galerie Pink où une personne célèbre qui n'accordait jamais d'entrevues et qui ne se montrait jamais en public exposait ses oeuvres...



Trésor et quart

Quand j'ai ouvert ma galerie, je la voulais différente des autres galeries. Je ne faisais tout simplement pas les choses comme les autres. Aussi, on me demandait : «Mais vous n'avez pas de serveurs ? Vous n'avez pas de télécopieur ?» Non, non... Donc, ce n'était pas ce à quoi le public s'attendait. Les gens s'attendaient à quelque chose de plus sensationnel. De plus chic. Mais ils ont oublié ça très rapidement. Il y avait pas mal de manteaux de fourrure dans la salle, beaucoup d'actrices. Des personnalités. Des célébrités québécoises, des politiciens, des écrivains, des chanteurs. Ils ont tous regardé l'exposition avec beaucoup d'intérêt et certains ont acheté une ou deux œuvres. Mais surtout, ils ont passé un bon moment. Cet artiste-là ne fréquente pas beaucoup de gens. Il n'était pas là en personne, mais ses œuvres y étaient; participer au vernissage, c'était donc un peu comme fêter avec lui.

suite...

 

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